Pourquoi avoir choisi l’ours d’Asie dans notre première campagne d’information et de soutien pour les êtres vivants maltraités ? Pourquoi pas le chat que l’on abandonne, la biche que l‘on chasse, le chien que l’on mange, la truie immobilisée pour l’élevage ou la jument martyrisée pour produire des hormones artificielles ? Pourquoi pas les femmes battues, les enfants qui meurent de faim ou les vieux qu’on abandonne sans soin ni amour …
Où que se porte notre regard sur cette terre si riche de beauté et de dons, nous pouvons voir et, si nous le décidons, prendre conscience des innombrables violences qui sont perpétrées par l’être humain vis-à-vis du vivant. Il n’y a malheureusement que l’embarras du choix.
Ces ours d’Asie, abominablement encagés et soumis à des traitements d’une cruauté épouvantable, ont touché notre cœur et notre âme. A travers eux ce sont tous les êtres vivants qui nous appellent et que nous devons soutenir.On ne peut pas juste défendre les chiens et pas les chats, juste les enfants et pas les personnes âgées. On ne peut pas choisir en fait. On aime soigner ses roses. Faut il utiliser pour cela des produits toxiques, testés dans de grandes souffrances sur des singes…
La maltraitance, la violence, la cruauté ne se ‘’découpent’’ pas. Il n’y a pas de degrés. Elles ne font qu’un. A aucun moment, en aucun lieu, en aucune circonstance, pour quelque raison que ce soit, il n’est possible de tergiverser.Ainsi Léon Tolstoï * interpelle ainsi le soldat : « Que tu le veuilles ou non tu dois te réfléchir et de demander : qu’est-ce donc que cette fonction de soldat qui te force à fusiller tes frères sans armes ? ». Pour Léon Tolstoï il est clair que l’homme ne doit jamais obéir à l’ordre qui lui commande de tuer. Celui qui maltraite un animal non humain, quelles qu’en soient les raisons, présente les signes d’un déséquilibre qui peut tout aussi bien s’exercer, en d’autres circonstances, sur un enfant ou un adulte. C’est un fait clinique indiscutable.
Le martyre des ours nous choque nous, en particulier, en raison de notre vécu personnel, des cas de souffrance et de handicaps lourds que nos proches ont du affronter dans leur vie et que nous avons accompagné. La souffrance insupportable qu’on leur inflige n’a aucun sens que celui du profit financier, de l’égoïsme et de la cruauté hallucinée.
L’ours est un animal chargé de symboles pour l’être humain. Nos anciennes sociétés le nomme « grand père » et pensent avec lui des rapports de filiation et d’enseignement.Il descend dans les cavernes, lieux isolés au cœur de la terre dans lesquelles les saints et les mystiques anachorètes se sont toujours volontiers réfugiés. Séjournant ainsi dans les profondeurs l’ours est reconnu comme animal « psychopompe », celui qui accompagne les âmes en partance. C’est un animal de passage et d’initiation. Nous reconnaissons bien inconsciemment sa force et sa puissance curative puisque nous en avons fait la peluche préférée de nos enfants.
L’ours nous accompagne si fort dans nos vies que ce sont ses représentations, en peluche, qui sont utilisées en thérapie pour les enfants traumatisés, dans les hôpitaux pour le réconfort des petits, pour symboliser des actions caritatives, etc.
La noblesse que l’homme reconnaît à l’ours et les pratiques cruelles qu’il lui fait subir, sont une contradiction flagrante, preuve de l’ambivalence de l’homme vis-à-vis de ses compagnons non-humains et de ses conflits non résolus avec son environnement et avec lui-même.
L’être humain est en maltraitance personnelle de sa terre, de ses habitants et de lui-même. Cela explique son mal-être. Il crée et développe en toutes occasions le couple infernal du bourreau et de la victime. Il change de rôle suivant les circonstances mais reste toujours prisonnier de ce jeu pervers.
Il est étonnant par exemple de constater que dans le cas de ces enfants dits « sauvages » ( élevé par les ours, les loups, etc…), qui ont fait couler beaucoup d’encre, c’est la question de « l’inhumanité » de l’enfant qui passionne et interpelle mais pas celle de « l’humanité » de l’animal. L’être humain réduit sa propre puissance. Il ne développe pas sa propre énergie vitale mais sa violence. Il voit le monde dans un prisme de violence, le crée lui même et s’y noie. Il crée sa propre violence et en est victime.
Sauveur ou victime, quelle figure de l’ours reconnaissons nous ?
Protecteur ou bourreau, quel visage choisissons nous de regarder ?
Quelle notre figure ?
La maltraitance et la souffrance sont indissociablement liées. La maltraitance est induite de la souffrance mais elle prend son origine dans la souffrance personnelle et phylogénétique de celui qui maltraite. L’être humain souffre, se fait souffrir et fait souffrir ce qui l’environne. Son malheur, sa misère naissent de l’insuffisance, de la perturbation, ou de la carence de sa conscience et de sa capacité à ressentir un lien vis-à-vis de ce qui l’entoure.
Le comportement de l‘être humain vis-à-vis du vivant et des animaux en particulier, repose sur des traditions séculaires de prédation, de cruauté et d’inconscience. Il organise la souffrance, la mutilation, et l’enfermement pour son confort et son plaisir. Chacun de nous dépend de ses semblables, des êtres sensibles et du monde qui l’entourent. Les actes que nous commettons reçoivent toujours une réponse immédiate ou différée de l‘environnement que nous nous obstinons à vouloir comprendre et dominer sans être capable de le ressentir. Privé de la capacité d‘éprouver des sentiments immédiats et authentiques, l’être humain se coupe de lui-même et se met sans cesse en danger.
Nier le droit élémentaire d’un être vivant quel qu’il soit à mener sa vie d’être, dans son milieu naturel, est une prédation inacceptable. Ce n’est pas parce que certains animaux ont des comportements de prédateurs qu’il nous faut les imiter. Ce n’est pas parce que notre vie peut être difficile que nous devons la rendre insupportable à l’autre. Se placer dans le rang de prédateurs perturbe l’humanité de l’homme qui est justement sa capacité à refuser la violence et l’injustice, à faire preuve de compassion, envers lui même et les autres. Nier l’autre revient toujours à se nier soi. Un traitement inhumain, même vis-à-vis de ce qui n’est pas humain et que nous définissons comme différent, est l’indice d’une inhumanité profonde, d’une non présence à soi, source de danger pour tous et avant tout pour soi même.
C’est la peur d’autrui et du monde environnant qui nous empêche d’agir de manière claire et positive, dans le « bon sens ». Un être humain qui se sent reconnu dans sa nature primaire aime la vie et n’est pas destructeur. La peur sous jacente qui nous accompagne sans cesse pervertit notre perception de la vie et du vivant. Elle est le fruit des nombreuses douleurs et terreurs de l’enfance : ne pas se montrer à la hauteur, être perçu comme une créature, mauvaise, incapable et sans valeur, toutes émotions négatives de l’enfant. Conjuguée avec le sentiment de culpabilité, elle surcharge émotionnellement la conscience et induit de la pensée et des comportements qui perturbent la communication et l’action, qui altère le bien-être et qui cause encore plus de souffrances.
L’individu n’est pas le seul à en pâtir. Les conséquences sont également d’ordre social, économique et écologique. L’individu souffrant ne dispose plus de ses capacités à discerner les réalités essentielles et c’est le monde qui devient malade.
Les erreurs de jugements causés par la dévalorisation personnelle créent des erreurs dans le réel qui à son tour se retrouve en souffrance et nous renvoie des messages négatifs. Ce cycle infernal se trouve ainsi engendré par la souffrance psychique, la détresse et la peine, l’angoisse et le désespoir, la fragilité et la maladie.
Comment naît cette souffrance de l’homme et par conséquence, du vivant qui l‘entoure et qu‘il assujettit à ses terreurs ?
L’homme est un tout structuré, un système clos, et en même tant nécessairement ouvert sur l’extérieur. Organisme complexe qui doit avant tout se maintenir en vie, il est dès le départ dépendant des soins attentifs et de l’amour prodigué par ses parents. La satisfaction des besoins naturels, primaires dans le sens de premiers, apporte au petit enfant une sécurité, une confiance et une joie de vivre fondamentale. Unis, ces ressentis,constituent la base d’une capacité de communication positive avec l’extérieur. Ils sont le fondement d’une capacité équilibrée à vivre et à aimer. Le petit humain a besoin de beaucoup d’attention, de nourriture saine et adaptée, de la présence de ses parents et de personnes calmes et aimantes qui l’encouragent et le protègent, tout en le laissant explorer le monde et éprouver sa réalité.
Lorsqu’un petit être se voir refuser ces besoins primaires, il se trouve en totale insécurité. Si malgré ses cris et ses pleurs, il ne reçoit aucune aide, il devient la proie de souffrances et angoisses croissantes auxquelles il restera livré sans défense. Cet état, il l’éprouve et le ressent alors comme sa propre insuffisance. Il ne peut pas se rendre compte qu’il est abandonné à sa détresse. Si cette situation se prolonge, il va devenir indifférent et insensible pour protéger son corps ou bien il se laissera mourir.
Nombre d’entre nous souffrent, à des degrés divers – pas forcément de façon grave ou dangereuse – de troubles dans notre relation avec nous-même et le monde qui nous entoure. Nous souffrons mais nous ne comprenons pas pourquoi nous souffrons. Nous nous dissimulons cette souffrance et restons empêtrés dans nos difficultés. Protégé par un environnement sain et équilibré, l’organisme vivant humain se trouve dans la période pré et post natale, en harmonie et en accord avec lui même.
Comment donc naît cette souffrance qui nous accompagne ?
Un traumatisme inflige au tout petit enfant des blessures dans son harmonie et son système d’organisation primaires. Ce traumatisme est provoqué par des stimuli extérieurs auxquels le jeune organisme, en totale évolution, ne peut se soustraire.
Toutes les blessures et surcharges émotionnelles de l’intégrité primaire du petit ont pour origine la négation de ses besoins. Lorsqu’il manque de soins et se voit peu considéré, lorsqu’il lui faut faire l’expérience d’une sollicitude fausse ou pervertie, son système se trouve débordé et perturbé. Une multiplicité de réactions inconscientes se forment alors qui donnent naissance à ce que nous appelons névroses, troubles psychosomatiques, psychoses …
Le bébé qui naît est tout sensation. Il découvre le monde par ses sens. Le chaud, le froid, le dur, le tendre, la lumière, l’obscurité. Bien et mal sont synonymes de plaisir et déplaisir. Le fœtus peut déjà être blessé dans son intégrité par des surcharges émotionnelles qui nuisent à son bien -être. Une trop jeune mère célibataire se voit contrainte de dissimuler sa grossesse à sa famille, elle comprime son corps. Elle inflige déjà un traumatisme à son enfant qui se sent écrasé, menacé. Son espace vital demeure restreint. L’enfant à naître, longtemps condamné à une telle restriction de mouvements, sera, du fait de ses souffrances, blessé dans sa personnalité, inhibé, insécurisé, entravé dans son développement.Toute situation le renvoyant à la sensation d’être serré ou comprimé dans l’obscurité peut provoquer chez lui des manifestations physiques et psychiques telles que : coeur battant la chamade, sueurs, angoisses pertes de mémoires, difficultés de concentration.
Il ne peut dépasser ces manifestations et ces blocages de comportement, car la crainte d’un résultat encore pire l’empêche de risquer une autre forme de comportement. Il se sent trop faible, incapable d’y arriver: « je dois me tenir tranquille sinon j’aurai encore plus mal. »
C’est ainsi toute la personnalité qui se restreint et se cantonne dans des formes de comportements et de relations imposés par une contrainte inconsciente. La malaise sous-jacent et incompris le pousse à se défendre. Mais comme il n’y a pas d’ennemi clairement identifié, la position défensive reste constante, rigide et épuisante. Elle le coupe à la fois de son élan vital naturel et de l’aide qu’il pourrait trouver dans son environnement naturel. Tant que nous souffrons des tensions dues à des blessures, à des surcharges émotionnelles ou à des privations, nous vivons, sans le savoir, à la merci de notre passé. Nous lui obéissons aveuglément et vivons donc dangereusement car nos motivations profondes sont inconscientes. Le danger véritable n’est pas à l‘extérieur car la nature n’est pas menaçante. Nous produisons nos propres peurs et nos propres fantasmes de destruction.
L’évènement le plus marquant, le plus émouvant et le plus impressionnant dans la vie d’un être humain est sa naissance. Dans toute sa vie rien d’autre ou presque ne le provoquera un bouleversement aussi total. Sa vie durant toute autre expérience bouleversant son organisme sera mesurée à l’aune de cette expérience fondamentale. Un bon départ dans la vie pourrait se définir ainsi : venir au monde dans la joie et la sécurité avec le minimum de douleur possible. Malheureusement ce départ dans la vie n’est que trop souvent la brutale et douloureuse expulsion du « paradis » symbiotique de la matrice (quand celle-ci est saine et bienveillante). L’enfant n’oubliera jamais la brutalité de sa naissance, inscrite dans son corps et dans son esprit, il n’en a plus le souvenir conscient mais son être lui « sait ». Livré à d’étranges forces qui le poussent, le suspendent, le frappent, le pressent, il s’étouffe et s’étrangle. Pour survivre à cette torture, sans trop de dommages, il se coupe de lui-même. Si l’organisme ne disposait pas de cette faculté, les trop fortes douleurs entraînerait de graves dommages voire la mort. Mais tout est inscrit dans sa structure et conduit sa représentation primale du monde.
Si un médecin attrapait un bébé par les pieds et le suspendait en le frappant, on le prendrait pour un fou mais traiter de la sorte le nourrisson à la naissance est au contraire conforme au protocole médical trop souvent encore en vigueur. Et c’est lorsqu’il est particulièrement sensible et vulnérable que tout ceci arrive au petit. Si l’on veut bien abandonner l’idée saugrenue que le système nerveux de bébé n‘étant pas développé comme le nôtre, il ne peut pas ressentir la douleur. Les sons le transpercent, la lumière l’aveugle, générant de grandes douleurs ! Les constrictions utérines Les oppressantes laissent place à un toucher maladroit, et intrusif. Son corps, jusqu’alors bien installé dans son espace utérin, subit la brûlure de la respiration aérienne. Il se disperse, se tétanise, dans cet espace inconnu, cette terrifiante pesanteur qui le saisit dans tous les sens.
Ce qui commence, c’est la peur. La peur et l’enfant naissent ensemble.
« Si les bébés hurlent, chaque fois qu’ils s’éveillent, ce n’est pas que la faim les tenaille. Ils ne meurent pas d’inanition. Ils sont terrorisés par la nouveauté de la sensation. Par ce « quelque chose au dedans » qui prend des proportions immenses parce que justement au dehors le monde est mort. » F. Leboyer*
Les mères ont appris à considérer l’accouchement comme une épreuve douloureuse et dangereuse, qui demande une assistance médicale maximum. « Tu enfanteras dans la douleur » : cette antique malédiction nous poursuit aujourd’hui toujours, avec son cortèges d’histoires épouvantables, de statistiques morbides et de protocoles de soins anxiogènes. Ce moment, essentiel pour le développement de la relation mère enfant, de l’enfant lui-même et donc de notre société future, de notre avenir, durant lequel tous deux doivent se sentir en sécurité est de plus confisqué, envahi par des machines et des protocoles intrusifs, voire agressifs : perfusions, monitoring, déclenchements intempestifs (il faut respecter la logique budgétaire d‘occupation des lits), césariennes intempestives, épisiotomies systématiques
Toutes ces technologies de surveillance augmentent la dépersonnalisation traumatisante de l’accueil qui est fait au petit humain. Le bébé est-il à peine né que déjà tout s’agite autour de lui, dans des rituels médicaux ou même traditionnels qui tous séparent la mère de son petit : donner un bain, couper le cordon, percer les oreilles des petites filles.
L’importance des premières expériences du nouveau-né pour l’avenir de l’individu et du milieu culturel est remarquablement illustrée par les analyses de Margaret Mead *. Elle souligne dans son étude, les oppositions existant entre deux peuplades, les Arapesh, habitant dans les montagnes et les Mundugumor, habitant dans les plaines. Les Arapesh sont un peuple serein, sociable et doux. Au cours des premiers mois le bébé Arapesh ne touche pour ainsi dire jamais terre, il n’est jamais loin des bras d’un adulte, homme ou femme. Dès qu’il pleure on lui donne le sein. L’enfant vit ainsi dans un cercle d’adultes bienveillants et nourriciers sur lesquels il peut compter. Les Mundugumor au contraire, sont un peuple agressif, aux comportements fermés et égoïstes. Dès sa naissance le bébé est immédiatement transporté dans un panier rigide qui l’empêche de voir à l’extérieur et qui bloque tout contact de peau à peau. Ce n’est pas la coutume de répondre à ses pleurs. On peut, à partir de ces exemples simples, comprendre l’extrême importance de ces rituels de naissance, garants de la fondamentale relation première de la mère avec son enfant.
Malheureusement nos stratégies de survie habituelles, les plus répandues, récentes et anciennes, reposent sur la domination de la nature, des animaux et des humains. Nos coutumes, traditionnelles ou médicales, vont essentiellement privilégier des modèles développant le potentiel d’agressivité plutôt que la capacité d’aimer. Le premier contact mère bébé est fondamentalement perturbé. Le simple bon sens, c’est-à-dire un sens qui est bon, non dévoyé, non perverti, non détourné, devrait être suffisant pour mettre en évidence la nécessité pour la mère et son bébé de vivre ces premiers instants privilégiés dans des conditions optimales de tendresse et d’intimité. Toutes les recherches actuelles appuient notre certitude. Et comment le nouveau-né est-il aujourd’hui accueilli ? Tout au contraire. Il est de suite séparé de sa mère et même dans certaines maternités il est carrément isolé de sa chambre, dans une nurseries. Nourri au sein ou pire au biberon, trop tardivement, le bébé est renvoyé à un monde étranger dont l’éloignement de fait, brise la continuité fondamentale et nécessaire avec la matrice maternelle. Le lien mère/enfant précède toujours la naissance mais il doit être particulièrement activé quand l’enfant naît. La force et la fiabilité de notre système immunitaire, donc notre santé et notre équilibre, dépendent de la relation établie avec notre mère dès sa conception et sa naissance. Le processus de la naissance ne s’achève pas avec la venue au monde de l’enfant. Il doit se prolonger par le lien entre la mère et l’enfant, sans lequel aucune naissance n’est achevée.
Aucune présence, totale, sereine, consciente, au monde qui nous entoure, ne peut exister, sans le secours et l’essentielle protection immédiate de la mère, dès les premières secondes de la naissance.
Mais le monde que nous avons installé, gouverné par les émotions profondes et quasiment irréductibles qui créent et soutiennent l’ensemble de nos croyances et de nos rituels, est un monde de peur. Peur de manquer (d’argent, de nourriture, d’espace, d’amour…), peur d’être seul, peur de se perdre, peur d’être malade, peur de souffrir, peur de mourir. L’homme a eu peur de son environnement et des évènements qu’il ne sait prévoir. La nature lui semble dangereuse, les animaux agressifs, l’univers instable, les maladies omniprésentes, les voisins dangereux.
Toutes ces peurs, individuelles et ancestrales, se sont trouvées prises en charge par les sociétés dites organisées et religieuses, quelle que soit la religion, et noyées dans le développement organisé, rapide, « scientifique » de l’humanité. Rassuré, dirigé, encadré et contrôlé, l’homme est devenu obéissant et prêt à s’épanouir rapidement dans un futur sécurisé et radieux. Les hommes ont ainsi payés des gouvernants, des prêtres, en tributs, en trésors, en services, en servilité et en espèces… pour que soit prise en charge cette insupportable et incommensurable peur. Le système de fonctionnement, devenu institution, a permis à ces élus peu nombreux, d’accomplir leur tâche en renforçant sans cesse un pouvoir qui s’établit sur la violence « le pouvoir c’est un moyen de forcer l’homme à agir contrairement à ses besoins et ses désirs, c’est seulement par la violence physique, l’emprisonnement, la torture, la mutilation ou la menace de ces châtiments que l’on peut forcer l’homme à faire ce qu’il ne veut pas. L’état, qu’il soit despotique ou libéral, n’est qu’une organisation de la violence n’ayant pour principe que l’arbitraire le plus grossier. » Tolstoï *.
La peur s’est ainsi déplacée et renforcée. Elle s’est déplacée de l’intérieur vers l’extérieur en diabolisant la nature et le vivant, qu’il faut dominer et utiliser.
Elle a créé la société civile censée nous protéger et nous constituer dans notre identité d‘humain libre et responsable. (cf. cité grecque) Mais toutes ces protections, de systèmes organisés, de règles et donc d’interdits, font de chaque individu un être amputé de sa vitalité naturelle, disponible et obéissant. Des organismes tentaculaires nous prennent en charge aujourd’hui, tout en nous assurant que tout va aller mieux puisqu‘ils s‘engagent à sans cesse améliorer ce qui ne ‘’tourne pas rond‘’, à un point tel qu’ils contrôlent déjà les premiers moments de notre vie sur cette terre.
Cette terre ‘’mère’’ que tout donnait pourtant comme la plus sûre, la plus généreuse, la plus aimante et infiniment disponible pour donner tout ce dont nous avions besoin, pour vivre dans l’harmonie, dans l’équilibre et dans l’amour infini. Cette terre qui abrite d’autres êtres vivants sensibles, qui présentent les mêmes souffrances et ont besoin de la même reconnaissance. Maltraités dès notre naissance voire dès notre conception, nous maltraitons à nouveau ce qui nous entoure par méconnaissance, par l’enfermement dans notre propre histoire, angoissante et sclérosante. Mal-traiter n’est pas forcément tuer, torturer ou frapper. Mal-traiter c’est nier l’autre comme être, le traiter comme un objet, sans vie ni sentiments ? Or tous les êtres sont vivants, c’est-à-dire, pour reprendre la formule de Spinoza, tentent « de persévérer dans leur être ». Un coquillage, un mollusque même qui ne se laisse pas ouvrir ou arracher de son rocher, persévère dans son être, c’est-à-dire qu’il ne souhaite ni souffrir, ni mourir.
Aucun animal ne souhaite donner sa chair ni se soumettre à des traitements cruels. Nous sommes donc bien dans une maltraitance grave de notre environnement, de notre vivant.
Mais en maltraitant l’autre, en le niant comme sujet, c’est nous que nous maltraitons et nions. La souffrance que nous générons, les dysfonctionnements que nous créons, nous sont retournés décuplés. Ils font de notre vie un enfer permanent, dont l’horreur est plus ou moins flagrante et effective, mais toujours omniprésente pour qui sait regarder et comprendre, avec conscience et compassion, ce qui l’entoure.
La maltraitance n’est pas inéluctable, Boris Cyrulnik* nous montre, dans ses ouvrages, que la résilience est possible. Nous pouvons nous reconstruire et ne pas reconduire les comportements mal traitants vis-à-vis de nous même et des autres.
C’est la raison pour laquelle nous vous invitons à manifester votre engagement total, conscient et inéluctable dans une non violence absolue, active et résolue, en refusant en toute occasion, de participer directement ou indirectement à des actes de maltraitance vis-à-vis du vivant.
Notre Campagne pour les Ours prend son origine dans des faits scandaleux que nous essayons dans cet article de vous relater de la manière la plus neutre et la moins brutale possible. Malheureusement la réalité des faits est elle même cruelle.
Nous vous mettons donc en garde si votre sensiblité est importante, vous pouvez être profondément choqués, comme nous l’avons d’ailleurs été nous-même.
Les sites de référence que nous vous indiquons font preuve d’une grande compétence et ne forcent pas le trait de l’horreur, mais les informations qu’ils diffusent sont très dures à lire. Merci cependant de nous acompagner car c’est les yeux ouverts que nous pouvons tous avancer sur notre chemin.
Dans la médecine chinoise traditionnelle des organes d’ours seraient utilisés depuis plus de 5000 ans, et la bile depuis environ 2000 ans. Ce sont les ours du sud-est asiatique qui ont été les plus touchés par cette exploitation et ce commerce, car les prescriptions médicales anciennes recommandaient l‘utilisation particulière de ces ours.
En 1984, le gouvernement chinois créé des exploitations de bile d’ours en estimant – à tort – que cela permettrait de mettre les populations d’ours sauvages à l’abri du braconnage. L’état chinois à alors fait piéger des ours dans la nature, principalement des ours noirs d’Asie – aussi appelés ours à collier – pour extraire leur bile. Ces ours se retrouvent confinés, pour le reste de leur existence – ainsi raccourcie de moitié (de 25 ans à 10 ans maximum) – dans des cages plus qu’étroites, où ils sont soumis deux fois par jour, à l’extraction douloureuse de leur bile. Dans les fermes, les ours sont maintenus dans des conditions cruelles et anormales. À l’état normal, les ours à collier d’Asie sont de bons grimpeurs, qui savent atteindre les fruits sur les arbres et trouver une large variété d’autres aliments végétaux ainsi que du miel et des insectes. Ils sont solitaires et vivent dans les régions boisées.
La création de fermes à ours n’a pas empêché le déclin des populations d’ours sauvages. En réalité, cette activité n’a fait que stimuler la demande des consommateurs pour les produits dérivés de la bile, créer de nouveaux marchés et aggraver la disparition des espèces sauvages. On tue toujours officiellement, et officieusement, les ours un peu partout dans le monde, Canada, Russie, Slovénie, Mongolie, Roumanie etc. En Chine, les populations d’ours ont continué de décroître. En 1999, certains spécialistes chinois de la faune sauvage ont indiqué que ces ours à collier étaient « en voie de disparition » et qu’il fallait « d’urgence » les protéger. L’objectif initial n’a donc pas été atteint, loin s’en faut. Les fermes à ours en Chine sont une vraie tragédie maintenant pour des milliers d’ours qu’on y enferme.
Elles discréditent la Chine et son héritage culturel de médecine traditionnelle et tous ceux qui y participent directement ou indirectement.
IFAW a, dans un exposé en 1993, révélé que plus de 10000 ours étaient incarcérés dans des fermes chinoises. Une campagne mondiale a été initiée par IFAW à la suite de ce rapport et a permis de créer un premier sanctuaire en Chine.
La même année, Jill Morrison, fondatrice de Animals Asia Foundation écrit :
Parfois il y a des signes du destin que nous ne pouvons ignorer. Pour ma part, ce fut en 1993 lorsque j’entrai pour la première fois dans une exploitation d’ours. Rien ne m’avait préparée à cette vision et j’eus du mal à croire que l’horreur à laquelle j’assistais était réelle. Une vision qui devait changer ma vie et qui fut à l’origine du rêve du Sauvetage des Ours de Chine. L’exploitation des ours était quasiment inconnue dans l’Ouest et c’est à la suite de rumeurs faisant état d’exploitations situées dans le Sud de la Chine que je décidai de faire partie d’un groupe de Hong Kong qui se rendait sur les lieux. Tandis que le fermier et sa femme nous montraient fièrement leurs préparations à base de bile d’ours, je parvins à m’éclipser et je découvris des escaliers qui descendaient vers une pièce. Alors que mes yeux s’habituaient à l’obscurité, j’eus la sensation de me retrouver plongée dans un film d’horreur. Des rangs entiers de cages dans lesquelles se trouvaient des ours vivants qui avaient déjà passé plus de 13 ans derrière des barreaux. Ces animaux ressemblaient à des victimes de tortures du Moyen Age et ils avaient tous des blessures béantes au niveau de l’abdomen avec des cathéters rouillés qui en sortaient. Soudain, je sentis une petite caresse amicale sur mon épaule et je me tournai pour découvrir une petite oursonne qui tendait la patte en dehors de sa cage. Sans réfléchir, je pris sa patte dans ma main et en regardant ses yeux sombres et tristes, je lui promis de revenir la délivrer.
Jill Morrison a alors commencé un travail colossal en Chine – et ensuite au Vietnam -, en nouant des liens et en négociant avec les diverses branches du Gouvernement pour mettre fin à cette pratique cruelle.
En juillet 2000, Animals Asia Foundation signe un accord avec les autorités chinoises pour sauver 500 ours encagés dans la province de Sichuan.
Le but ultime est de fermer toutes les « fermes à ours » et de développer des médications alternatives à la bile d’ours à partir de diverses plantes médicinales déjà connues.
Cet accord est historique car le premier signé entre le Gouvernement chinois et une organisation de protection animale étrangère.
Depuis octobre 2000, plus de 39 exploitations d’ours ont été fermées par le Gouvernement et plus de 138 ours ont été placés sous la protection d’Animals Asia au Centre de Sauvetage des Ours dans la province du Sichuan.
Les ours arrivent dans ce centre dans des conditions de santé terrifiantes : cadavériques, totalement terrifiés, malades, mourants,… mais grâce à beaucoup d’amour et des soins vétérinaires intensifs, la plupart d’entre eux s’en sortent !
La remise en forme des ours prend des mois. Malheureusement, ils ne peuvent être relâchés dans la nature car pour la plupart, ils sont sans défense et handicapés. Élevés en captivité ou capturés dans la nature lorsqu’ils n’étaient qu’oursons, ils ne pourraient pas survivre. Animals Asia a donc construit un sanctuaire en Chine et un tout récemment au Vietnam, où les ours peuvent vivre en sécurité, loin de toute peur et de toute souffrance.
On apporte aux fermiers une compensation financière, ils peuvent ou prendre leur retraite ou s‘établir dans d’autres affaires. Leurs permis sont retirés de façon définitive. Mais beaucoup de fermiers disent maintenant qu’une nouvelle méthode sans cathéter, la méthode de goutte libre pour l’extraction de bile – qui n’implique pas la création d’un trou permanent dans l’abdomen – est « sans douleur »! pour les ours et que l’industrie, donc, est maintenant humaine. Bien entendu cela est totalement faux. Rien ne justifie cela. Aucune technique de substitution, ne peut permettre de traiter ces animaux de cette façon criminelle. La dernière cargaison d’ours sauvés, défigurés, mutilés et gravement malades montre que ce commerce est toujours aussi brutal.
Les consommateurs en Chine, au Japon et en Corée sont les plus demandeurs de bile d’ours. De plus, des membres d’ours, de la bile en poudre et des produits dérivés de bile ont été retrouvés en Australie, à Taiwan, en Indonésie, Malaisie, Singapour, aux Etats-Unis et au Canada. Il est pourtant illégal d’exporter de Chine tous produits issus de l’ours, mais le commerce du marché noir se développe. La bile est utilisée en médecine traditionnelle pour soulager des douleurs qui la fièvre, les maladies de foie et les douleurs aux yeux. Les alternatives synthétiques et végétales sont pourtant depuis longtemps disponibles, efficaces et beaucoup moins chers.
Il y a deux ans, le Parlement Européen a lancé une campagne pour conseiller au gouvernement chinois de mettre fin aux fermes d’ours d’ici à 2008. Plus de 7000 ours sont toujours cependant piégés dans des fermes ,partout en Chine. Il faut encore rajouter les innombrables ours prisonniers au Vietnam, en Corée et ailleurs peut être. Certains y sont été incarcérés depuis plus de 20 ans.
247 ours ont déjà été sauvés. Tous les autres nous attendent, encore.
REJOIGNEZ NOUS!
Nous vous expliquerons dans un prochain article, pourquoi nous avons choisi de défendre les ours en général et ces ours là en particulier. Nous vous donnerons également les grandes lignes de la campagne que nous allons engager avec tous les artistes qui voudront bien nous suivre pour soutenir, avec vous, nos actions.
Sources:
Rapport «Les excès de la médecine traditionnelle asiatique », pour One Voice qui organise et soutient de grandes campagnes en faveur des ours martyrisés en Asie.
Documents de la fondation : Animals Asia Fondation
Le ton polémique volontaire de ce texte appelle à discussion. Vos remarques et vos questions seront par conséquent les bienvenues.
Combien de temps encore devons nous accepter de côtoyer l’horreur ?
Un enfant maltraité, meurt sous les coups de sa mère et nous arrache les larmes. Une femme violée au Rwanda nous bouleverse. Des génocides en Asie ou ailleurs mobilisent l’opinion et déclenche des actions généreuses…Jean Ziegler nous rappelle depuis des années que la faim dans le monde est le premier crime contre l’humanité. Nous vivons notre vie sur un volcan de souffrance. Nous nous égarons dans les gouffres de la violence. Sommes nous conscients que nos gestes les plus ordinaires supportent les mêmes abominations ?
Pensons-nous ?
Entendons nous ce que nous disons ? Comprenons nous ce nous voulons ?
Pensons-nous ?
« Saignant ». C’est ce même sang qui aux infos de vingt heures nous arrache des exclamations d’horreur. Le même sang ? Voire…Savons-nous, voulons nous seulement savoir que tous ces produits d’agréments et de confort se fabriquent sur l’exploitation, la peur, la souffrance, le martyr et la mort de millions d’êtres, vivant à côté de nous. Nous possédons des chiens, des chats… que nous aimons tendrement. Nous leur achetons des jouets, des matelas et la bonne pâtée vue à la télé. Lorsqu’ils meurent, nous pleurons. Nous ne les laissons pas être maltraités. Ce sont « nos amis les bêtes ». Une émission s’appelle même comme cela !
Alors certains sont nos amis. Et d’autres, nous les mangeons ?
Nous portons leur peau, nous buvons leur lait. Nous nous soignons, nous nous lavons, nous nous faisons beaux avec des produits fabriqués « sur leur dos ».
Nous savons tous que les exploitations animales sont enfers organisés.
Nous savons que les abattoirs sont souffrance et de carnage.
Nous savons que les laboratoires de recherche et d’expérimantation torturent et massacrent des millions d’animaux.
Y a -t-il sur cette terre d’un côté les êtres humains doués de sensibilité et de raison, dont les souffrances nous indignent, et d’un autre côté les animaux qui ne seraient que des machines, après tout, utilisables, exploitables et manipulables sans remords ? Les mécanistes cartésiens* expliquaient déjà cela dans leurs traités philosophiques. Malebranche grand esprit, théologien, bourrait de coups de pieds sa chienne gravide et répondait ironiquement aux coeurs sensibles qui s’offusquaient des gémissements pitoyables de l’animal « eh quoi, ne savez-vous point que cela ne sent point ? ».
Le vivant ne se morcelle pas. Tout ce qui existe est vivant, doué de sa sensibilité propre. Nous appelons tout simplement au respect de la vie.
Lorsque nous achetons une escalope c’est le veau que nous tuons. Lorsque nous achetons une paire de chaussures, c’est le veau que nous tuons, l’agneau, le poulain, le bœuf…Nos armoires sont des hécatombes, notre peau des mouroirs, nos estomacs des charniers. Non, nous n’exagérons pas. Nous défions quiconque, ayant une santé mentale stable et une sensibilité équilibrée, de visiter un abattoir, un laboratoire d’expérimentation, une ferme d’élevage industriel, sans, à l’instant même, refuser de tout son être ces pratiques épouvantables. Nos animaux domestiques, dits d’agréments, accompagnent nos épouvantables solitudes que l’exploitation démesurée et cauchemardesque du monde animal prend des dimensions dont les conséquences même par retour attaquent notre santé et notre bien être (vache folle, grippe aviaire, alimentation polluée et dégénérée….)
Combien de temps encore allons nous accepter de vivre en perpétuelle contradiction notre ressenti profond ?
Combien de temps allons accepter de côtoyer quotidiennement la mort imbécile et cruelle ?
La boucherie sur la place du marché, l’odeur des poulets grillés dans la rue, le jambon beurre du petit café au coin de la rue, les publicités des revues pour les chaussures en poulain et les sacs en agneau. Allez vous le tuer cet agneau là ? Non, n’est ce pas ? Alors pourquoi accepter ? Pourquoi acheter, pourquoi consommer ?
Arêtons de consommer cruel. Arrêtons de consommer égoiste !
Consommons conscient!
Nous pouvons modifier nos habitudes de vie *maintenant* ! Nous devons le faire délai.
Il n’est pas nécessaire pour éradiquer ces horreurs là de s’embarquer pour le bout du monde en missions humanitaires. Agissons au quotidien, maintenant, tout simplement. Les moutons à l’abattoir ne sont pas que dans les bétaillères. Chaque fois que nous acceptons par confort, par oubli ou ar lâcheté ce que notre cœur au fond refuse, nous devenons nous même des moutons bêlants et soumis, proies faciles des manipulateurs économiques et des dictateurs mégalomanes.
Un acte de violence reste toujours un acte de violence. Mitrailler des enfants, violer des femmes ou égorger un mouton. Il n’y a pas de degré dans la violence, il n’y pas de degré dans la souffrance, il n’y a pas de degré dans l’injuste. Une claque peut paraître innocente. Elle ouvre pourtant l’engrenage qui brisera un jour la vie de cette femme battue par son mari. Un viol n’est jamais consenti ni source de plaisir…Tout être vivant a le doit à notre respect et à notre compassion et, si nécessaire, à notre protection comme le stipule la Charte Universelle des Droits des Animaux.
Être humain n’autorise pas à dominer ni à détruire l’autre. Parce que nous sommes des êtres humains, nous avons ce devoir inéluctable, irréfutable, inaliénable.
Nous refusons de devoir côtoyer l’horreur, nous refusons de la cautionner.
Nous refusons de vivre en enfer et toutes nos actions et nos paroles doivent créer les conditions d’une vie meilleure, pour tous sur cette terre.
L’élevage et la domestication des animaux sont des pratiques barbares déshonorantes pour l’humanité. Source de gâchis et de pollution de la terre et de l’eau elles entraînent de plus en plus maladies et épidémies. Nous devons refuser ces pratiques injustifiables en utilisant notre pouvoir de citoyen et de consommateur. Refusons d’utiliser ou de consommer aucun animal ou produit animal dérivé.
Nous avons le devoir d’arrêter, de nous arrêter. C’est à dire qu’il nous faut faire preuve faire de preuve de volonté, résistance et détermination. Non pas une résistance agressive, mais un refus d‘agir : « cela je ne le ferai pas, cela je le refuse car ce n’est pas juste. Je revendique et je mets en acte ma liberté de choix et de pensée » (cf art. 1 de la constitution française). Participer même passivement, en jouissant des fruits d’actes de violence et d’injustice, d’actes inéquitables, c’est toujours participer à cette violence quotidienne.
Accepter c’est encore participer.
La consommation et la surconsommation nous obsède, nous occupe et nous divertit, nous rassure et nous valorise. Elle nous tue rapidement ou petit à petit et tue, par des procédés ignobles ceux à qui prenons directement ou indirectement les substances nutritives ou d’agrément dont nous pensons avoir besoin. Les besoins de cette consommation délirante sont totalement artificiels et fabriqués de toutes pièces par des manipulations mentales qui touchent notre affectif. Nos publicités télévisées ne nous veulent pas que du bien! Nous possédons trop, nous mangeons trop, nous nous agitons trop. Nous sommes submergés par trop d’informations inutiles.
Ces envahissements permanents nous fatiguent et nous asphyxient. Nous ne pensons même plus que l’on peut respirer.
Il faut impérativement et urgemment retrouver la dynamique personnelle de notre corps, c’est-à-dire notre vitalité propre, la santé de notre vivant.
Comment se fait-il que nous nous passionnons pour des comportements extrêmes d’exploits sportifs reposant sur l’élitisme et la performance. Comment se fait il que nous ne nous soyons jamais posés la question d’expérimenter la simplicité?
Non pas le manque qui angoisse la part primitive de notre cerveau mais la tranquillité qui naît de la certitude de subsister de peu et de n’avoir besoin de presque rien. Non pas la pauvreté subie, écrasante et dégénérative, source de peur et d’humiliation, mais la liberté de se mouvoir et d’être avec un corps qui se régule, s’adapte, se fortifie même de simplement exister.
Exister sur cette terre, c’est d’abord respirer. C’est purifier et nourrir notre sang d’air pur. C’est baigner notre corps de lumière et de soleil. La vie confinée entre quatre murs et les pieds sur le béton, nous limite et nous rabougrit. Nous ne respirons plus ou si peu. Juste assez quand même pour ne pas s’étouffer et mourir là brutalement. Mais nous mourrons plus ou moins lentement, plus ou moins douloureusement de maltraitance affective et physique. De désespoir, de dégénérescences cellulaires qui envahissent un corps appauvri et privé de son immunité. Notre violence, notre aveuglement nous étouffe.
Nous ne respirons pas.
«Ouvrons, ouvrons la cage aux oiseaux»
Ouvrons nos cœurs
Nous ouvrirons toutes les cages.
Consommer conscient, comme ce manifeste vous y invite, est une entreprise complexe qui doit s’effectuer toujours dans le plus grand équilibre et la plus grande harmonie. Les informations complémentaires pour la mise en pratique d‘une « consommation consciente » seront régulièrement apportées sous forme d’articles, de bibliographie ou de liens avec d’autres sites de référence.
Face à l’étendue des questions et problèmes que pose la maltraitance et la violence, seul un changement personnel effectif de conviction et de comportement peut induire l‘évolution favorable de nos civilisations humaines. Une modification radicale de notre comportement alignée sur une éthique personnelle plus rigoureuse et une plus grande cohérence de vie n’est évidemment pas aisée. Elle doit d’abord sérieusement se poser dans l’intention. La réalité de ce changement ne peut et ne doit se faire que par étapes, progressivement, ou par petites touches, en respectant toujours son rythme personnel d’évolution. Ce qui implique forcément des moments de découragement, de doute, de fatigue, de blocage physique émotionnel ou mental. Il faut les identifier, les comprendre et les accepter, en conservant intacte l’intention qui a présidé à notre choix de vie nouvelle.
Le moment de ce changement effectif importe peu. Ce qui importe, c’est que ce changement se réalise.
Pour soi-même d’abord, c’est incontournable. Pour les autres bien sûr, c’est indispensable.
Les artistes ont en eux, fondamentalement, le devoir et le pouvoir de transcrire, interpréter et transmettre étendu infini de la création dans toutes ses dimensions et à tous niveaux. De l’unité au tout. C’est-ce qui les fait souvent considérer comme différents des autres. « Oh lui, c’est un artiste !’’. Oui, il est différent dans ses moyens d’exprimer, de clamer, de faire la lumière sur les zones les plus sombres de l’humain.
L’artiste montre que l’homme est un être parmi les autres, capable de ressentir au plus profond de lui-même les sons mélodieux, harmonieux, divins en somme de la création tout entière. Il les intègre, dans sa vie de tous les jours, comme une constante, un support essentiel de vie, pour dénoncer les misères injustes, les martyrs injustifiables, les oppressions inadmissibles, de tous ordres dans la diversité de notre monde. Il les constate et souvent directement les vit.
Tous sont concernés, les règnes minéraux, végétaux, animaux et humains, sans distinction. Car la distinction montrée inclut déjà en elle la différence et donc la discrimination. Il n’est pas étonnant de constater que dans l’histoire connue ou supposée de notre espèce.
Ce sont quasiment toujours des artistes, des créateurs, qui ont sonné l’alarme de nos dévoyances et de nos projets. Soit en les stigmatisant, soit en les dénonçant, soit en les « combattant ». Tout écrivain, tout musicien, tout peintre, sculpteur, danseur, chanteur, dans la nuit des temps a été, est, et restera la lumière éclairante de nos zones sombres. Parce qu’il est, plus que d’autres, sensible à la beauté indéfinissable de ce qui existe et donc réceptif, par sa sensibilité aigue, aux vibrations multiples et infinies du vivant, il peut et doit exacerber sa sensiblerie au regard même de la dimension de la création. Il exprime ainsi, au grand jour, et si nécessaire en fanfare, dans le plus grand vacarme et avec une obstination continue, à travers ses oeuvres, le divin équilibre des choses de ce monde. On pourra toujours le considérer comme un artiste, mais ainsi mis en marche, il acquiert une autre dimension, qui lui confère de fait, par son énergie et sa force, le rôle de gardien d’éternité.
C’est pourquoi, dénoncer comme totalement déviante et perverse, l’attitude des hommes vis-à-vis du vivant qui les entourent, fait naturellement partie de sa responsabilité. Il ne prêche pas, il constate. Il ne juge pas, il ressent. Il n’éduque pas, il exprime. Ses ressentis authentiques, extraits de la mémoire profonde et infinie de la création universelle, le désigne même comme le messager du discours transcendant des dieux, qui toujours nous ont indiqué les voies à ne pas oublier ni perdre. L’artiste ouvre en permanence le chemin vers la lumière divine présente en chacun de nous. Il permet, seul, de « redresser la barre’’ dans la tempête gigantesque qui est en train, à l’évidence, de nous engloutir.
Nous sommes tous embarqués. Les animaux qui nous accompagnent depuis toujours sont là, présents.
La cause animale doit être enfin sérieusement prise en compte, en ce qu’elle est le reflet de nos déviances et de nos erreurs. L’amour du vivant, l’amour des animaux doit s’exprimer avec sentiment et mesure, dans des actions sous-tendues pas le plus grande compassion. En cela il s’agit de montrer, sans discussion possible, que le lien unique et total de tous les êtres relève de la puissance créatrice infinie qui existe en chacun de nous. Ce lien doit être exprimé pour qu’enfin les symboles de justice, d’équilibre et d’harmonie retrouvent leurs places dans une réalité de vie de tous les jours, engagent ainsi la longue marche vers un retour vers la santé globale et à l’harmonie universelle.
La création spontanée, élémentaire sacrée, s’avère la seule possibilité, absolue, de comprendre que chacun détient, sur lui, la clé qui ouvre la porte sur l’espace magique d’une vie heureuse. Sa vie, redevenue supportable, évoluant sans cesse vers un meilleur possible, lui permet seulement alors d’intervenir dans le monde. Il apporte alors, dans sa certitude de vivre juste, l’aide dont tous ont besoin pour s’engager sur la même voie.
L’œuvre artistique reste, au delà de son créateur, la marque de sa sensibilité inscrite au delà des temps. C’est le fondement même de l’amour universel. C’est le gage d’une sincère prise en compte des sensibilités de vie de tous, c’est une force immense qui permet de préserver, de protéger, de secourir, de guérir, d’aimer.
Nous sommes une association culturelle et humanitaire. Nous vous formons, par la création picturale, à l’art de vivre en équilibre dans une nature préservée. Figure de force naturelle, l’ours est un symbole de la santé vivante des êtres sensibles. Nous avons choisi de l’aider avec votre soutien et notre art. Jean et Marie de Lodz.
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